[Bon, si tu es pour, je fais le réveil //pas// romantique

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L'aurore claire pointait au loin à travers les épais nuages gris oubliés par la nuit. De noirs oiseaux volaient dans la faible lueur du matin, se laissant paresseusement porter par le ent frais qui soufflait sur la forêt. De faibles rayons éclairaient la caverne d'une lumière blanchâtre. Il entrouvrit un oeil gris, l'odeur de la guerrière allongée contre lui, unique, modifiant tout autre parfum. Son corps entier était engourdi, de froid, du fait d'un sommeil plutôt agité. Délicatement, il s'écarta d'Etoile de Pollen, prennt bien garde de ne pas la réveiller, elle qui dormait encore d'un sommeil paisible. Son squelette craqua lorsqu'il étira ses muscles fourbus. Un long baîlement lui échappa, alors qu'il essayait vainement de se retenir. Et d'un pas un peu maladroit, il sortit clopin-clopan. L'air froid le pris à la gorge, un air beaucoup trop froid pour la saison...La pluie s'annonçait. Il soupira à la vue du manteau terne dont le ciel d'été s'était paré. Assis à l'entrée de l'abris, il entâma une toilette matinale, frissonnant dans l'aurore blanche.
Une odeur de souris, sans aucun doute. Les oreilles en alerte, le corps tendu, les muscles bandés, il s'approcha, furtif, de sa proie bien trop occupée à ronger un grain de blé pour remarquer sa présence. Son ventre émit une plainte gargouillante : le rongeur frugal de la veille n'avait pas le moins du monde contenté son appétit, surtout qu'il l'avait partagé avec la jeune reine. Vif, il bondit sur le pauvre animal, le terrassant d'un unique coup de patte. Il l'attrappa par la peau du cou frêle, puis rejoignit la grotte où ils avaient passé la nuit. Là, il déposa le corps de la souris encore chaud auprès de la meneuse somnolente, et enfin s'approcha d'elle. La nuit s'était retirée emportant avec elle tout le courage du guérrisseur qui à présent osait à peine s'approcher d'elle. Cependant, il lui léchat gentiment l'oreille, encore et encore jusqu'à ce qu'elle entrouve les yeux.
"Allez, debout ... Il ne faut pas qu'on traîne trop si on veut voir Etoile d'Ebène assez tôt...
Je t'ai attrappé une souris....
Il avait dit ça avec un sourire un peu timide, comme si le jour venu, il avait retrouvé toute sa pudeur et se discrétion instintives. Il regarda avec le rongeur, se disant qu'il n'était pas si affamé que ça, et resortit en quête d'une seconde proie.
Il revint un peu plus tard, un maigre roitelet entre les crocs, s'installa un peu plus loin de la reine pour s'y attaquer voracement.